Shugyō

Shugyo est une ascèse, un entraînement spirituel très profond. Sur ce chemin, deux voies peuvent être suivies: la première est celle qui consiste à entraîner l’esprit (kokoro) et la seconde à entraîner le corps (katachi). Shugyo est donc la méthode de polissage de l’esprit et du corps au moyen d’un entraînement rigoureux. En s’entraînant dans ce sens, un pratiquant (qu’il soit d’Aïkido ou de Reiki) a la possibilité non seulement d’améliorer ses aptitudes physiques, mais également sa force mentale et sa stabilité qui lui permettront d’affronter les obstacles de la vie.

Pour faire simple, Shugyo signifie cultiver. C’est exactement ce qu’est le système Reiki: un système de culture basé sur le développement holistique personnel. Mais que cultivons-nous ? Essentiellement – et comme dans le zen ou les arts martiaux – notre propre lumière intérieure, notre véritable Soi. Ainsi, nous pouvons affirmer que la substance du Shugyo et du Reiki est la même: elle consiste à cultiver, à mettre à nu notre véritable identité, notre essence. Mais explorons cette pratique et voyons comment nous pouvons la rapprocher du Reiki.

Dans le kanji tout est dit

修行 Shugyo – un acte fait avec le corps, l’esprit, la parole pour mettre à nu votre nature innée. Selon le dictionnaire du bouddhisme, cela signifie également de suivre les préceptes. 

Shu  – discipline, bonne conduite, maîtrise, contemplation / méditation, pratique répétée. 

Gyo  – voyage, connexion, actes, pratique, intégration des exercices qui visent à dévoiler notre vraie nature, à évoluer. 

En observant les kanji de plus près, nous pouvons en découvrir un sens métaphorique plus profond sur la façon de se conduire, de se maîtriser et de décrire ce voyage initiatique..

Shu 
Dans le symbole Shu nous voyons un être humain tenant un bâton. Les trois traits représentent les poils d’un balai. Au-dessus, est représentée une main tenant ou utilisant quelque chose. Nous avons donc « une personne qui dépoussière quelque chose ». 
Cependant, la main du dessus a 4 significations supplémentaires : 
– Fin ou achèvement 
– Entraves (ignorance et illusion) 
– Féminin 
– Encore et encore

Si nous agrégeons l’ensemble de ces définitions, nous nous pouvons comprendre Shu comme la pratique d’accepter et d’embrasser notre achèvement de/à chaque instant, tout en intégrant la méditation – quotidiennement – comme moyen de nous dépoussiérer de l’ignorance et de l’illusion qui nous agitent constamment. Du moins c’est la compréhension que j’aime en avoir. A vous de vous faire votre propre opinion. 

Gyo 
Dans le symbole Gyo, nous voyons deux empreintes de pas, à gauche et à droite. Nous avons ici la partie « marche » ou « voyage ». Mais nous y trouvons également le croisement de lignes horizontales et verticales représentant des carrefours. Chaque carrefour est un moment décisionnel: nous décidons quel chemin prendre pour pouvoir continuer à marcher. 
Ce symbole peut donc être compris comme la décision passionnée de pratiquer avec vigilance le voyage de notre vie, seconde après seconde, car chaque instant est non seulement le carrefour de notre vie entière, mais également le carrefour de la (re)naissance (la vie) et de la mort. Et vous, comment le comprenez-vous ?

Du Shugyo au Reiki

Si l’on s’imprègne de ces détails et que nous méditons sur ce sujet durant un moment, il y a  de fortes chances pour que vous en arriviez à la même conclusion que moi: cela fait écho aux préceptes du Reiki !
– Embrasser son achèvement – être fidèle à son être / Être bon & juste envers son prochain (comme nous le serions envers nous-même)
– Être disposé à pratiquer (la méditation) quotidiennement / Montrer de la gratitude et travailler dur sur soi-même.
– Se dépoussiérer de son ignorance et de ses illusions qui s’agitent sans cesse / Se libérer de la colère et et de toute préoccupation.

On peut également comprendre le shugyo comme le moyen qui conduit au raffinement et à l’approfondissement de notre humanité, à l’intégration compatissante de notre personnalité et à l’unification incarnée de soi, des autres et de la nature dans son ensemble. Il conduit le pratiquant vers la sérénité, la confiance en soi, la confiance en ce seul moment, la compassion pour soi-même et les autres et une conscience profonde de sa place significative dans l’univers infini. Il apparaît donc comme un moyen d’intégration – sans fin – de la vie.

Une telle définition comprend la pratique du système Reiki en tant que modalité de guérison et l’élargit de façon illimitée. La pratique du Reiki en tant que « voie d’intégration infinie de la vie » nous incite à découvrir quotidiennement, profondément et clairement notre lumière intérieure et à la faire briller de mille feux, car nous sommes l’expression infinie de l’univers. 

Shugyo est une pratique qui n’a ni début ni fin. C’est un processus évolutif. Ce progrès éternel peut également être observé dans les kanji du Reiki : nous y voyons de l’eau bouillante (du riz à cuire) monter en vapeur et retomber sous forme de pluie. Ce processus n’est pas différent du cercle de la vie elle-même. Il est perpétuel et constant.

Un changement éternel et constant

Ainsi, Shugyo et Reiki indiquent tous deux le processus éternel et constant du changement, ces carrefours où nous devons nous adapter à la situation ou à la forme pour pouvoir avancer. Comment faisons-nous ? En prenant des décisions fidèles à notre Soi. Comment savoir si nos décisions sont à ce point fidèles ? En observant les préceptes. Lorsque nous nous rendons compte que les deux systèmes – Reiki et Shugyo – n’ont ni commencement, ni fin, nous pouvons enfin nous libérer de l’atteinte d’objectifs et de la peur d’échouer.

La pratique elle-même est dans chaque moment ; c’est pourquoi nous avons le mot « aujourd’hui » dans les préceptes. Du point de vue japonais, ce mot signifie que dans chaque action que nous réalisons dans la journée, nous avons à incarner véritablement les préceptes. Par conséquent, à chaque seconde, notre pratique est en tout. Sous cet angle, la Vie devient Shugyo, la Vie devient Reiki.

Pour comprendre et pratiquer shugyo, il est nécessaire de se détacher de nos mœurs occidentales. En occident, nous sommes souvent comme des enfants, sous perfusion depuis notre enfance, ou l’on nous dit quoi manger, quoi penser, quoi croire, quoi faire,.. Or intégrer shugyo, c’est prendre ses propres mesures. Ne pas avoir d’objectifs – hérésie suprême dans notre monde corporatif – c’est se donner l’opportunité d’enquêter sur soi et sur le monde, contempler notre intériorité et intégrer les principes qui conviennent à notre propre développement. Shugyo s’intègre dans notre vie quotidienne, permettant aux préceptes d’y être appliqués dans toutes nos actions et toutes nos pensées, nous permettant de vivre une vie de compassion – pour nous-mêmes et pour les autres.

A travers Shugyo, nous apprenons à polir nos sens, nos pensées et nos actions et à travers ce polissage, nous apprenons à incarner les préceptes dans notre vie quotidienne afin de traverser les écueils de la vie plus facilement. En d’autres termes, Shugyo c’est pratiquer le Reiki dans sa forme originelle: celle du développement personnel.

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