Quand le Reiki rencontre le Hara

Au Japon, on l’appelle « Ki », en Chine « Qi ». C’est « le souffle », l’énergie. C’est un principe fondamental formant et animant l’univers et la vie. Il englobe tout l’univers et relie les êtres et les choses entre eux.  Mais qu’est-ce qui différencie le Reiki des autres disciplines Ki ?

La canalisation du Qi dans les pratiques Taoïstes et le QI Gong ont pour but ultime l’union avec l’unité primordiale. Aussi l’accent est-il mis sur le développement et l’amélioration de l’énergie à travers les différents centres d’énergie du corps, afin d’arriver à un point de reconnexion avec l’Univers (en général la tête). La théorie des chakras suit la réflexion similaire d’ajustement de l’Être grâce une ascension à travers les différents centres énergétiques, afin de développer la conscience de Soi, découvrir notre nature véritable et réveiller notre conscience divine dans le chakra couronne.

Dans l’effort de développer des talents intuitifs, on peut aisément se méprendre sur ces concepts et se concentrer sur les centres hauts aux dépends des centres bas. C’est une habitude typiquement occidentale, où la spiritualité est souvent abordée d’un point de vue intellectuel plutôt qu’un point expérimental de référence. Il en résulte que certaines personnes peuvent se sentir éthériques, « perchées », désincarnées, sans fondation sur laquelle construire leur pratique spirituelle.

Le Reiki et la conscience du corps

Malheureusement, l’un des plus grand attrait du Reiki peut s’avérer être son tendon d’Achille. En effet, il n’est pas demandé aux élèves de développer la conscience de leurs corps avant d’atteindre le Reiki car, de par sa nature, ils la possèdent déjà. Hélas, à moins d’être guidé par un bon Maître, beaucoup de praticiens se retrouvent non-ancré. En QI Gong, l’approche est que l’énergie doit être récoltée et canalisée avant que la reconnexion à l’unité universelle puisse avoir lieu. En Reiki, c’est le contraire. La connexion à l’unité universelle est faite, puis la canalisation est mise en place. La pratique vient après la réception, pas avant. A cause de cela, les praticiens peuvent parfois oublier leurs fondements et perdre de vue l’importance d’équilibrer les énergies du Ciel et de la Terre, notion que l’on peut traduire par unification entre l’intention (le ciel, la pensée) et l’énergie (la terre) ; on peut y voir la métaphore de l’arbre, qui puise sa nourriture dans la terre pour tendre vers le ciel et ce faisant, fait la jonction entre les deux mondes.

Ce qui différencie le Reiki de tout le reste, est que nous sommes connectés au phénomène Reiki par une initiation. Par contre, une fois l’initiation reçue, le Reiki est similaire aux autres pratiques dans ce qui est du lâcher-prise et d’être dans le moment présent, afin que l’énergie passe à travers nous. Un praticien doit donc chercher à ancrer le Reiki, cultiver cette connexion, l’intégrer et à travers une pratique quotidienne, s’y abandonner, l’autoriser à circuler en lui.

Le Hara et le Seika Tanden dans la pratique du Reiki

Il serait sage pour les praticiens Reiki de développer la conscience dans la zone du ventre avant de tenter quoique ce soit d’autre. Cela aide à notre orientation et nous assure d’une pratique ancrée. Cela conforte l’idée que nous faisons partie du processus et que l’énergie que nous manifestons est quelque chose qui circule en nous plutôt que de penser que nous avons besoin d’aller la chercher à l’extérieur pour la trouver. Le Hara (le ventre) et le ‘Seika Tanden’ en particulier, nous indiquent un point sur lequel, nous praticiens, pouvons porter notre attention.

Hawayo Takata se réfère elle-même à ce point lorsqu’elle écrit dans son journal « Il se situe au bas de votre estomac, 5 centimètres sous le nombril » et comment nous devrions « laisser l’énergie sortir de l’intérieur ».

Dans un organisme vivant, le Ki / Qi circule à l’intérieur du corps par des méridiens qui se recoupent tous dans un « centre d’énergie » présent dans toutes les manifestations de la nature : le ‘Seika Tanden’. Notre énergie vitale réside donc dans notre ventre, au niveau du nombril, là où se situe son centre de gravité. Toute action du corps faisant le meilleur usage de l’énergie (ce que l’on nomme en Judo, Seiryoku Zenyo) part de ce point pour venir irradier à travers tout le corps jusqu’au bout des membres et exploser en périphérie parfois sous la forme d’une explosion, parfois sous la forme d’une caresse.

En amenant notre conscience à notre Hara, nous nous amenons naturellement au moment présent et restons fermement ancré. Cela nous permet de prendre notre position entre le Ciel et la Terre et nous permet de remarquer le flux d’énergie interne et de devenir le réceptacle vide dans et par lequel le Ki viendra naturellement s’exprimer.

Il existe quelques confusions entre le système Hara, originaire du Japon et le système Dantian, originaire de Chine. Beaucoup pensent qu’il s’agit de la même chose, mais le système Hara, par la vertu de sa position dans le ventre, n’englobe qu’un seul point d’énergie, le Tanden. Il s’agit du même emplacement que le Dantian Inférieur du modèle Chinois, à la différence que les autres centres d’énergie du système Dantian ne font généralement pas partie du système Japonais Hara, dans la mesure où ils existent en dehors de la région du ventre (plexus solaire et 3ème Œil). Dans le système Hara, c’est l’esprit lui-même qui est concentré dans le Tanden et toute énergie, plutôt que de circuler, émane de cet emplacement.

NB : On dit que la force vitale d’un individu réside dans le Hara. Au Japon, une célèbre façon de se suicider consiste à se faire Hara-Kiri (littéralement « couper le Hara »). Un vocabulaire plus classique de samouraï appelle ce type de suicide « Seppuku » que le Sensei Reiki Chujiro Hayashi pratiqua en 1940 pour en finir avec sa vie.

Le Hara est le moment présent

Vous ne pouvez être conscient du Hara sans tomber dans le MAINTENANT, ce qui est la raison pour laquelle il est dit que l’accomplissement n’arrive qu’en noyant l’esprit dans le Hara. Une fois l’esprit concentré à cet endroit, tout mouvement ou expression provient d’un endroit où la conscience est ancrée. La compréhension individuelle de cet espace énergétique à travers des méditations basées sur la respiration, nous amène naturellement à un équilibre, notre esprit étant concentré sur le moment présent. Les bénéfices inhérents à ce type de méditation nous permettent une conscience croissante de notre vraie nature. Nous obtenons un savoir sur les fondations de notre corps duquel l’énergie émane. Lorsqu’un praticien développe sa conscience de Soi en tant que point d’expression entre le Ciel et la Terre, il en résulte un flux d’énergie.

A travers les étapes proposées pour utiliser la respiration afin d’ancrer la conscience de son esprit dans le Hara, un praticien est amené à un sens plus profond du Maintenant. Une fois maitrisé, un état d’esprit incarné est réalisé et la simple apposition des mains est tout ce qui est nécessaire pour créer le flux afin que le Reiki soit transmis.

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