Qu’est-ce-que l’aromathérapie ?

Du fait de son préfixe « aroma », on pourrait penser que l’aromathérapie se résume à diffuser et à respirer d’agréables odeurs… Mais le suffixe « thérapie » indique qu’il s’agit précisément d’une approche de soin – assez complexe – dont l’essences des plantes constituent la base. L’appellation courante pour parler de ces extraits aromatiques est « huiles essentielles« .

L’aromathérapie figure parmi les outils / ressources de la naturopathie ou elle est enseignée en tant que méthode thérapeutique. Elle fait généralement partie des cours optionnels. On trouve cependant des professeurs qui offrent divers cours d’initiation.
Elle est utilisée contre plusieurs affections (maux de tête, asthme, toux, insomnie, sinusite, pelade, problèmes digestifs, fatigue, blessures musculaires, etc.), mais son action la plus importante est de nature antiseptique (contre les bactéries, les virus, les champignons et les parasites). Elle est également utilisée pour l’hygiène des espaces intérieurs (produits ménagers bio), en soins esthétiques et pour la détente. On lui prête aussi une action bienfaisante sur le plan psychologique et pour contrer l’anxiété. Cependant relativement peu d’études scientifiques appuient ces applications.

Les huiles essentielles peuvent être utilisées par voie interne, externe ou aérienne.

  • Voie interne. Comme les huiles essentielles sont irritantes pour les muqueuses, on les mélange généralement à un peu d’huile végétale, à du miel ou à du yogourt (elles ne se diluent pas dans l’eau). On trouve aussi sur le marché des huiles préparées avec de l’alcool, des oléocapsules (avec une base d’huile végétale) ainsi que des préparations en capsules et en suppositoires.
  • Voie externe. L’huile peut se diffuser dans l’organisme à travers la peau ; on la mêle alors à une huile de massage.
  • Voie aérienne. L’huile diffusée dans l’air est absorbée par les voies respiratoires.

Qu’est-ce qu’une huile essentielle ?

L’huile essentielle est une substance odorante et volatile produite par certaines plantes et pouvant être extraite sous forme de liquide. Bien qu’on les appelle « huiles », ces substances ne contiennent aucun corps gras: une goutte déposée sur un papier s’évaporera sans laisser de trace contrairement à une huile végétale.

Le règne végétal compte plusieurs centaines de milliers d’espèces et 4 000 d’entre elles fabriquent des essences aromatiques; toutefois, seulement quelques centaines le font en quantité suffisante pour qu’on puisse les extraire. Aujourd’hui, l’extraction se fait surtout selon 3 procédés.

  • Pression à froid, pour les zestes d’agrumes comme l’orange ou le citron;
  • Extraction par solvant, dont le dioxyde de carbone, surtout pour les fleurs fragiles;
  • Distillation à la vapeur, un procédé inventé au XIe siècle et le plus utilisé aujourd’hui.

L’extraction des huiles essentielles est coûteuse, surtout à cause de la très grande quantité de matière première requise. Il faut compter environ 35 kg de plantes, en moyenne, pour obtenir 1 litre d’huile essentielle. Et c’est bien davantage dans le cas de certaines plantes comme la rose. D’où le prix élevé des véritables huiles essentielles. Car il existe aussi des huiles synthétiques, qui conviennent à la parfumerie, mais pas à l’aromathérapie.

Depuis des milliers d’années, les huiles essentielles sont utilisées couramment en cuisine, en médecine, en parfumerie et dans l’industrie cosmétique. Mais, c’est à la fin du XIXe siècle, en France, que commence l’histoire moderne de l’aromathérapie. C’est alors qu’on a prouvé scientifiquement la capacité des huiles essentielles à neutraliser les bactéries (vers la même époque, on découvrait les antibiotiques, ce qui a eu pour effet d’écarter l’aromathérapie du champ de la médecine). On doit à René-Maurice Gattefossé, en 1928, la première utilisation du terme aromathérapie. On voit aussi, mais rarement, parfumothérapie.

Des composés chimiques complexes

Afficher l'image d'origineUne huile essentielle peut renfermer jusqu’à plusieurs centaines de sortes de molécules, chacune ayant des propriétés particulières (antifongique, immunostimulante, bactéricide, antiseptique, décongestionnante, etc.). L’huile essentielle de sauge sclarée (Salvia sclarea), par exemple, contient 250 molécules différentes. Les molécules travaillent en synergie, ce qui explique la polyvalence des huiles essentielles et leur vaste spectre d’action. Une fois que l’on connaît les propriétés des molécules ainsi que leur concentration dans une huile essentielle, on peut déterminer quels seront les effets de celle-ci, bienfaisants ou dangereux.

N.B: Pour une même plante, les propriétés de son huile essentielle et celles des feuilles ou des fleurs prises en décoction sont complètement différentes! De la même manière, il ne faut pas confondre huiles essentielles, essences culinaires et parfums.

Attention: suivant les H.E et leur utilisation, elles peuvent se révéler potentiellement toxiques

Les huiles essentielles ne sont pas à prendre à la légère! Elles sont très concentrées en éléments chimiques actifs et peuvent présenter certains dangers. Plusieurs composés peuvent être irritants ou allergènes pour la peau et les muqueuses. D’autres peuvent être toxiques à forte dose ou sur une longue période. En ce qui concerne l’usage interne, il faut savoir que certains composés chimiques, comme les cétones, sont des poisons et ne doivent jamais être absorbés. Les huiles essentielles ne doivent pas, en principe, être ingérées pures. Comme pour tout médicament, il importe de bien se conformer aux recommandations d’utilisation. En cas de doute, n’hésitez pas à consulter un aromathérapeute qualifié.

Enfin, il faut savoir qu’une même plante peut inclure diverses espèces, dont chacune possédera des chémotypes différents. La lavande (Lavandula), par exemple, compte plusieurs espèces dont les officinalis, les stoechas et les latifolia; c’est donc le nom latin complet qui nous permet de savoir de quelle plante exacte il s’agit. Le lieu de culture (climat, altitude, composition du sol) peut aussi influencer la composition chimique d’une plante.

Quel type d’H.E utiliser ?

Dans le domaine des huiles essentielles, il existe 2 écoles, que l’on pourrait qualifier de scientifique et d’artisanale. La première concerne les H.E issues de laboratoires. Ces derniers sont en mesure de déterminer la structure biochimique exacte de chacune des huiles, qui sont généralement conseillées pour les usages thérapeutiques spécifiques. La deuxième concerne les H.E qui sont identifiées uniquement par le nom de la plante et qui conviennent aux usages généraux. Certains laboratoires produisent des préparations combinant plusieurs huiles aux propriétés complémentaires pour traiter des affections précises.

Des études ont-elles été menées?

La France est en tête de l’aromathérapie scientifique contemporaine. On y a identifié plus de 80 propriétés s’appliquant à la quarantaine d’huiles essentielles courantes – d’antifongique à antalgique, de vermifuge à hypotenseur. Il n’y a cependant presque aucune confirmation de ces effets par de véritables recherches clinique, la plupart des études ayant été faites en laboratoire et/ou sur des animaux.

Pour l’instant, les résultats d’études cliniques soulignent surtout les effets relaxants de l’aromathérapie, qui permettent, par exemple, de réduire l’anxiété (pré-opératoire ou avant l’accouchement). Il est méthodologiquement difficile d’établir des études à l’aveugle, puisque la présence d’huile essentielle se détecte par l’odeur.

On peut cependant lister les bienfaits suivants:

☬ Diminuer l’anxiété

Réduire les symptômes de dépression

Réduire les symptômes de la démence

Réduire la pelade (perte de cheveux par plaques)

☬ Diminuer les démangeaisons causées par l’hémodialyse (prurit)

☬ Améliorer les conditions de vie des enfants prématurés

☬ Traiter l’insomnie légère

☬ Réduire les symptômes de la ménopause

☬ Améliorer la santé des femmes

Autres: On retrouve dans la littérature scientifique plusieurs études concernant l’effet bénéfique de l’aromathérapie contre certaines affections : eczéma, infections, maladies respiratoires, nausée postopératoire, réconfort postopératoire chez l’enfant, arthrite, sclérose en plaques, fibromyalgie, réduction du travail durant l’accouchement, anxiété prénatale, épilepsie, dépression, dépression post-partum, réduction du niveau d’anxiété chez le dentiste, capacités cognitives, dysménorrhée, etc. Cependant, aucune de ces études ne permet de tirer de conclusions claires et définitives quant à l’efficacité de l’aromathérapie dans ces situations.

Attention

  • Certaines huiles essentielles sont irritantes pour la peau et doivent être diluées dans de l’huile végétale avant l’application.
  • Quelques études font état d’allergies envers des huiles essentielles.
  • Les huiles riches en cétones peuvent causer des problèmes neurologiques. Selon quelques cas rapportés, il est possible que l’huile essentielle de romarin à camphre déclenche des crises d’épilepsie.
  • Certaines huiles ont un effet photosensibilisant, c’est-à-dire qu’elles peuvent rendre la peau plus vulnérable aux effets des rayons du soleil.
  • Des auteurs sont d’avis que des études devraient être réalisées pour déterminer la sécurité de l’utilisation des huiles essentielles durant la grossesse, l’accouchement ou avec les nouveau-nés.

En pratique

Les H.E sont composées de molécules volatiles. Elles pénètrent donc facilement les tissus humains, qu’on les ingère, les applique sur la peau ou les respire. Le choix de la voie d’absorption dépendra tant de l’effet visé que de la nature de l’huile, puisque certaines ne conviennent pas à un usage interne ou cutané.

Bibliographie

  • Baudoux Dominique. L’aromathérapie – Se soigner par les huiles essentielles, Amyris, Collection Douce alternative, France, 2008. Édition revue, corrigée et augmentée de la publication originale. Un guide simple et très pratique écrit par un aromathérapeute de renom.
  • Dogna Michel. Huiles essentielles – Le répertoire de Michel Dogna, Guy Trédaniel, France, 1993. Un livre simple et précis qui fait la synthèse des meilleurs spécialistes.
  • Franchomme Pierre et Pénoel Dr Daniel (Dir). L’aromathérapie exactement – Encyclopédie de l’utilisation thérapeutique des huiles essentielles, Éd. Roger Jolois, France, 2001. Édition revue, corrigée et augmentée de la publication de 1989. Un ouvrage de référence incontournable, écrit par des scientifiques, qui s’adresse surtout aux professionnels.
  • Lawless Julia. L’aromathérapie – Les huiles essentielles et la pratique du bien-être, Köneman, Allemagne, 1999. Un de ces beaux grands livres abondamment illustrés et faits avec beaucoup de soin pour un public néophyte.
  • Purchon Nerys. La bible de l’aromathérapie, Marabout, France, 2001. De l’information sur les plantes, les affections, les soins quotidiens, des trucs pratiques : c’est l’aromathérapie toute la journée!
  • Roulier Guy. Des huiles essentielles pour votre santé – Traité pratique d’aromathérapie : propriétés et indications thérapeutiques des essences de plantes, Éditions Dangles, France, 1990. Abondamment illustré, regorgeant de conseils et préparations, un livre de référence.
  • Tisserand Robert et Balacs Tony. Essential Oil Safety, Churchill Livingstone, États-Unis, 1995. Un remarquable ouvrage de référence à l’intention des personnes qui font un usage thérapeutique des huiles essentielles dans leur pratique professionnelle.
  • Valnet Dr Jean. Aromathérapie, Vigot, France, 2001. L’auteur est un clinicien averti et très réputé.
  • Werner Monika. Les huiles essentielles – Réveil du corps et de l’esprit, Vigot, France, 2002. Surtout pour l’ambiance, le soin de la peau et des cheveux. Simplement et joliment présenté.

Sites Internet

  • Aromalin
    Pleins d’astuces pour apprendre à utiliser les huiles essentielles et à fabriquer les cosmétiques naturels pour prendre soin de soi.
  • Aromalves
    Ce site spécialisé sur la santé par les plantes du naturopathe Pierre Ausloos contient plusieurs articles sur l’aromathérapie, des fiches sur les plantes, des conseils pour premiers soins et soins de la peau, etc.
  • Le Site au Féminin
    Sur ce site privé tous azimuts, souvent marrant et sans prétention, plusieurs pages (non spécialisées) sur l’aromathérapie avec plein de conseils pratiques (conservation, mélanges, etc.) pour un usage courant.
  • EcoVie
    Dédié aux thérapeutiques naturelles en général, ce site possède quelques pages intéressantes sur l’aromathérapie et, surtout, des fiches élaborées sur près d’une centaine d’huiles essentielles (cliquer Propriétés des huiles essentielles).
  • Osmobiose
    Le site du Dr Daniel Pénoel, un chercheur réputé dans le domaine de l’aromathérapie.
  • Robert & Fils
    Site du laboratoire montréalais Robert & Fils, fondé par un pharmacien en 1937 et spécialisé dans les produits naturels. L’entreprise est maintenant associée à la société française Pranarôm, elle-même fondée par un aromathérapeute célèbre, Pierre Franchomme, et dirigée par le pharmacien, aromatologue et auteur Dominique Baudoux.

La prudence s’impose!

Tout le monde à la possibilité de se familiariser avec l’aromathérapie grâce à des livres ou des conférences. Vous pouvez ainsi adopter certaines pratiques simples et sans danger, pour soigner un rhume, assainir l’air de la maison, donner un massage aux essences aromatiques, etc. Cependant, plusieurs huiles essentielles sont très concentrées et peuvent être toxiques si elles sont utilisées inadéquatement. Nous vous conseillons donc de consulter un praticien de confiance si vous souhaitez en faire un usage thérapeutique.

Veuillez également noter que l’aromathérapie n’est pas une approche diplômante et ses praticien(e)s ne sont pas soumis aux règles de l’Office des professions. Plusieurs praticien(e)s en approches complémentaires l’utilisent, mais ce sont généralement les naturopathes, qui ont reçu une formation en ce domaine, qui en font le plus grand usage.